Lancer sa micro-entreprise au Québec
Tu veux travailler à ton compte ? Bonne nouvelle : démarrer une micro-entreprise au Québec, ce n'est pas sorcier. Il y a une poignée d'étapes officielles, et les voici dans l'ordre, en mots de tous les jours. Prends-les une à la fois — la plupart se font en ligne, assis chez toi.
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Choisis ta forme juridique
Deux grandes portes s'offrent à toi au départ :
L'entreprise individuelle — c'est toi, qui travailles sous ton nom (ou un nom d'affaires). C'est la forme la plus simple et la moins coûteuse pour démarrer : pas de structure séparée, les revenus de l'entreprise sont déclarés dans ta déclaration de revenus personnelle. La contrepartie, en général : toi et ton entreprise ne faites qu'un aux yeux de la loi, donc tes biens personnels ne sont pas séparés des dettes de l'entreprise.
La société par actions (s'incorporer) — tu crées une personne morale distincte, avec ses propres déclarations et sa propre comptabilité. C'est plus de paperasse et de frais, mais ça sépare tes affaires personnelles de celles de l'entreprise et ça peut devenir intéressant fiscalement quand les revenus grossissent.
En général, la plupart des gens qui se lancent seuls commencent en entreprise individuelle, puis s'incorporent plus tard si l'entreprise grandit. Un comptable peut t'aider à trancher selon tes chiffres à toi.
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Enregistre ton nom au Registraire des entreprises
Le Registraire des entreprises du Québec tient le registre public des entreprises. Quand tu t'y inscris (l'« immatriculation »), tu reçois un NEQ — un numéro d'entreprise du Québec à 10 chiffres qui t'identifiera partout dans tes démarches.
Le point important : si tu travailles sous ton prénom et ton nom complets (par exemple « Marie Tremblay »), l'immatriculation n'est généralement pas obligatoire. Mais dès que ton nom d'affaires est différent — « Plomberie Tremblay », « MT Services » — ou qu'il s'ajoute un mot à ton nom, l'immatriculation devient requise en général.
Petit truc avant de choisir un nom : vérifie qu'il n'est pas déjà utilisé par une autre entreprise dans le registre, et jette un œil aux marques de commerce. Un nom déjà pris, c'est des ennuis évitables.
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Comprends le seuil de 30 000 $ pour la TPS/TVQ
Au début, tu n'es pas obligé de percevoir la TPS et la TVQ. La règle générale : l'inscription aux taxes devient obligatoire quand tes ventes taxables dépassent 30 000 $ sur quatre trimestres civils consécutifs (pas l'année civile — quatre trimestres qui se suivent, quels qu'ils soient).
Tu peux aussi t'inscrire volontairement, avant d'atteindre le seuil. Pourquoi le faire ? Parce qu'un inscrit peut récupérer les taxes payées sur ses propres dépenses d'entreprise, et parce que facturer les taxes a l'air plus « établi » auprès de certains clients commerciaux. La contrepartie : tu dois percevoir, déclarer et remettre les taxes, avec la paperasse qui vient avec.
Une fois inscrit, tes numéros de TPS et de TVQ doivent apparaître sur tes factures.
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Vérifie les permis de ton secteur
Selon ton métier, il peut y avoir des permis ou des licences à obtenir avant de facturer ton premier client. Par exemple :
• Construction et rénovation : une licence de la Régie du bâtiment du Québec (RBQ) est requise pour la plupart des travaux offerts au public.
• Alimentaire : des permis liés à la préparation et à la vente d'aliments (MAPAQ) peuvent s'appliquer.
• Partout : ta municipalité peut exiger un permis d'exploitation ou avoir des règles de zonage, surtout si tu reçois des clients à la maison.Chaque secteur a ses règles : cinq minutes de vérification auprès de l'organisme de ton domaine peuvent t'éviter une amende salée.
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Ouvre un compte bancaire dédié
Ce n'est pas une obligation légale pour une entreprise individuelle, mais c'est une des meilleures habitudes à prendre dès le jour un : un compte séparé pour l'entreprise. Tes revenus d'affaires entrent là, tes dépenses d'affaires sortent de là.
Le jour des impôts venu, tu nous remercieras : tout est déjà trié, propre, facile à montrer à ton comptable — et à Revenu Québec si jamais on te le demande.
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Fais des factures conformes
Une facture complète et claire, ça fait professionnel et ça te protège. En général, on y retrouve :
• ton nom (ou nom d'entreprise) et tes coordonnées ;
• le nom et les coordonnées du client ;
• un numéro de facture unique et la date ;
• la description de ce que tu as fait ou vendu ;
• le montant avant taxes, puis la TPS et la TVQ détaillées séparément (avec tes numéros d'inscription, si tu es inscrit) ;
• le total et tes conditions de paiement (à la réception ? 30 jours ?).Garde des copies de toutes tes factures et de tes reçus de dépenses : en général, on conserve ses documents d'entreprise au moins six ans.
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Mets de l'argent de côté pour l'impôt, dès le premier chèque
Le piège classique du travailleur autonome : dépenser tout ce qui entre… et rencontrer le mur au printemps. Comme personne ne retient d'impôt sur tes paiements, c'est à toi de le faire.
L'habitude qui sauve : à chaque paiement reçu, transfère tout de suite un pourcentage (souvent entre 20 % et 30 %, selon ton revenu) dans un compte séparé « impôts et taxes ». Tu ne touches jamais à ce compte-là, sauf pour payer Revenu Québec et l'Agence du revenu du Canada. Quand tes revenus grandissent, des acomptes provisionnels (des paiements en cours d'année) peuvent devenir obligatoires — un comptable saura te dire où tu te situes.
Et pour savoir combien charger afin que tout ça fonctionne, passe par notre calculateur de tarif horaire : il tient compte de l'impôt estimé dès le départ.
💡 Bon à savoir : tu n'as pas à tout faire la même semaine. L'ordre qui fonctionne pour la plupart des gens : forme juridique → nom au Registraire → compte bancaire dédié → premières factures propres → habitude du compte « impôts ». Les permis sectoriels, eux, vont avant le premier client.
Les sources officielles
Quand un détail compte, va à la source — c'est gratuit et c'est là que la vérité se trouve :
• Québec.ca — Entreprises et travailleurs autonomes : le portail du gouvernement du Québec pour démarrer et gérer une entreprise.
• Registraire des entreprises : immatriculation, NEQ et recherche d'un nom d'entreprise.
• Revenu Québec : taxes (TPS/TVQ), impôts des travailleurs autonomes et retenues.